Sky-high fees and dead-poor students

Publié le par Lucie

1438417 3 f8f7 sur-les-pancartes-des-manifestants-on-pouvai Je ne pouvais décemment ne pas parler aujourd'hui des manifestations étudiantes qui secouent le Royaume-Uni. Cela fait déjà plus d'un mois qu'étudiants et lycéens (voire collégiens) se mobilisent contre la hausse des droits universitaires (les fameuses «tuition fees»). L'accès à des études supérieures était déjà un privilège au Royaume-Uni, où une année d'étude pour une licence pouvait aller jusqu'à vous coûter 3 290£ (soit 3900 €). Mais au terme d'un enquête gouvernementale menée le mois dernier par l'ancien patron de BP et d'un vote des MPs  («Members of parliament», équivalent de nos députés) hier, le maximum passera maintenant à 9 000£, avec une majorité des universités se limitant à 6 000£ (soit tout de même plus de 7 000€). Pour le gouvernement conservateur cette augmentation fait partie d'un vaste programme de «budget cuts», visant à assainir les finances du pays. Et évidemment ce sont les plus faibles qui trinquent  : parents isolés, retraités modestes, chômeurs, jeunes sans diplôme... Sans compter la mise à sac du service public, déjà bien pâlichon. Ajoutez à cela que ceux qui ont déjà fini leurs études se retrouvent à 22 ans avec un emprunt  (le gouvernement finance ces prêts étudiants, les «student loans») qui dépasse souvent les 50 000€. Ils ont certes un diplôme, mais aucune perspective d'embauche, si bien qu'ils sont obligés soit d'aller tenter leur chance ailleurs (Australie, Canada...), soit de retourner chez papa-maman et de vivre de petits boulots. Précarisation, voire paupérisation...

     Alors bien sûr, hier Londres a connu ce qu'ici les media appellent des «émeutes» : heurts entre jeunes et policiers, vitrines brisées...et même prise à partie de la voiture de Charles et Camilla. Je ne cautionne pas, mais bon, je sais pas vous, mais moi ça me fait plaisir que les étudiants montrent leur colère. Je leur souhaite bien évidemment de réussir, mais hélas je n'y crois pas.

Vous pouvez lire beaucoup de choses sur le sujet dans The Guardian, où ils mettent moins l'accent sur les débordements qu'ailleurs. Si vous voulez vous faire votre propre opinion à partir de données à proprement parler factuelles, vous pouvez lire ici ce questions-réponses sur le financement des universités.

 

Lucie

 

(photo : édition électronique du Monde, 11/11/10)

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