Le surtitrage

     Après avoir suivi un module de traduction théâtrale qui nous a familiarisé avec la langue de la scène, un intervenant a pris le relais pour nous mener dans les arcanes du surtitrage, pratique encore souvent méconnue. Le surtitrage, ou projection de la traduction sur un écran au-dessus ou en-dessous de la scène du texte parlé ou chanté par les comédiens, ressemble à du sous-titrage. Mais il existe une différence de taille : là où le cinéma est une représentation figée à jamais sur bobine, le théâtre, lui, est un spectacle vivant. Peu de pièces ont recours au surtitrage (peu de pièces se jouent en langue étrangère) et on ne peut pas dire que ce soit un marché qui emploie, mais c'était une super expérience.

Nous sommes partis d'un texte de Gracia Morales (voir  La traduction théâtrale) déjà traduit  qu'il nous fallait adapter à une création qui serait mise en scène par la compagnie Les Anachroniques. Il s'agissait en fait d'une commande du projet européen interuniversitaire Fabrec à la dramaturge andalouse. Entre puertas y paredes (arquitectura de una vecindad) met en scène divers personnages réunis on ne sait pourquoi ni comment au sein d'un même immeuble. Une histoire de paliers, de rencontres, de la difficulté du vivre-ensemble. Elle a été jouée à trois reprises au théâtre Sorano, à Toulouse, en mai 2010.

Pour nous ce fut un travail d'adaptation et de synthétisation dont les enjeux se rapprochaient beaucoup du sous-titrage : concision (pour ne pas que l'attention du spectateur soit accaparée par le texte), fidélité à la lettre du texte original, correction de la langue... avec la difficulté supplémentaire de la pluralité des langues (comédiens espagnols et français jouant en espagnol sur scène et «doublés» par des interprètes en Langue des Signes Française, nos copains de promo,  woopwoop! ) et des supports (vidéos, photos et bande-son imaginées et projetées par des étudiants roumains, musique jouée en «live» par des étudiants polonais, plus nous donc, et nos sous-titres «envoyés» à la main par un étudiant sur un autre écran via un rétro-projecteur).

Après un semestre à plancher sur des questions de linguistique, le module s'est donc clôturé par une session d'une semaine au théâtre Sorano : filages, répétitions, mises au points techniques, parfois difficultés de traduction entre les différentes équipes aux nationalités diverses et variées, un joyeux bordel !

Et une corde de plus à nos arcs d'apprentis traducteurs.

 

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